Elections municipales : analyse à froid

Je sors de ma réserve pour un petit commentaire, tout à fait personnel et donc en mon nom propre, sur les résultats du premier tour des élections municipales du 23 mars. Nous sommes le 24, et la nuit a porté conseil.

La première surprise de ce scrutin, c’est le score de Jean-Claude Pruski et de son équipe. Après six ans de mensonges et de turpitudes, malgré un bilan catastrophique sur tous les plans, et surtout malgré l’évidence de la crise et de ses causes parfaitement expliquées, le champion du système en titre parvient tout de même à mobiliser 22% des électeurs. C’est exactement le score qu’avait fait le sortant Bellière en 2008. Belle analogie, pour lui qui était alors au moins autant décrié que l’est Pruski aujourd’hui. Ça représente la part immuable des 1/5e d’électeurs vivant reclus dans leurs certitudes, bien décidés à faire immanquablement le mauvais choix contre vents et marrées, même quand le vent en question n’a cessé de balayer toutes les illusions et quand le raz-de-marée est bleu Marine.

L’autre surprise de ce premier tour, c’est le score du candidat de l’extrême-gauche. Que M. Monnier, universitaire issu du gauchisme parisien, parvienne à boucler sa liste à Villers-Cotterêts, historiquement et culturellement « de droite », était en soi une surprise. Avec 6% des voix, trop peu pour se maintenir, assez peut-être, pour se vendre au PS, le Front de Gauche était investi d’une mission qu’il n’a pas accomplie : ramener au système les voix ouvrières égarées au Front national, dans le but évident de faire baisser ce dernier dans les milieux populaires. Manque de chance, comme pour l’élection présidentielle de 2012 et toutes les élections depuis, le coup a raté, et c’est justement dans les milieux populaires que le Front national a réalisé ses meilleurs scores.

L’attitude du peuple de Villers-Cotterêts, dont seul dépendait l’issue du scrutin, était attendue au tournant : il a fait front, et il a voté national. Il a porté Franck Briffaut en tête du premier tour de manière unanime, le plaçant en première position dans l’ensemble des bureaux de vote. Contrairement à ce que vous lirez dans la presse servile dans les jours à venir, tout le monde sur le terrain sait qu’il s’agit beaucoup plus d’un plébiscite que d’une sanction, même si sanction il y a. Franck Briffaut a fait campagne sur un programme de rigueur et de bon sens, loin des stéréotypes, qui était le seul à même de rassembler autour de sa candidature un électorat authentiquement populaire fait de salariés, d’ouvriers, de commerçants, de petits patrons, d’entrepreneurs, de chômeurs, de jeunes actifs, de retraités, de mères de famille. Électorat navré de constater d’élection en élection à quel point les partis de la gauche traditionnelle lui ont tourné le dos, et ont trahi sa confiance.

C’était bien Briffaut le candidat du rassemblement et les électeurs ne s’y sont pas trompés : avec des scores divisés par trois, les trois diviseurs de la droite classique, malgré leurs défaites cuisantes dans le passé et pour exactement les mêmes raisons, nous montrent avec une prévisibilité qui en devient gênante qu’ils ont décidément encore beaucoup à apprendre pour mériter la confiance des cotteréziens…

Vincent ROUSSEAU.

Hommage à M. Jacques Gatineau, entrepreneur et citoyen d’exception

Hommage à M. Jacques Gatineau.
J’ai appris ce matin que Jacques Gatineau nous avait quittés. J’ai habituellement coutume de ne parler que du patrimoine mais je ferai une exception car M. Gatineau était un cotterézien engagé pour sa ville d’adoption, et à ce titre j’adresse toutes mes condoléances et ma tristesse à sa famille pour l’épreuve qu’elle doit subir en ce début d’année.
M. Jacques Gatineau était un homme bon, engagé, un inventeur de génie, notamment des premières purées en flocon, ainsi qu’un ancien combattant médaillé. Villers-Cotterêts perd avec ce cotterézien d’adoption un cotterézien d’exception.

Stéphane MASCITTI – Vice-président des Amis du Château François 1er

Jour de consternation pour tous les lecteurs de L’Oignon

« Jour de deuil pour tous les mangeurs de purée en sachet… ». Le journal « L’Union », spécialisé dans les chats écrasés, les tournois de belote du 3e âge et les jeux de mots foireux, n’a rien trouvé de plus approprié pour saluer la mémoire de Jacques Gatineau hier soir sur les réseaux sociaux.

Mort de GatineauAu rayon alimentaire, L’Oignon, grand quotidien issu du plat de résistance, y connait quelque chose. Ne survivant sans doute que par le gavage de subventions nationales, comme tous ces papiers que plus personne ne lit et que l’État sauve à coups de chèques et de remises fiscales, il y a longtemps que ce journal aurait mis la clé sous la porte si les rares entrepreneurs de la région n’existaient pas. Fortement taxés et imposés, ces derniers sont les premiers à effacer les ardoises de nos socialistes voraces et boulimiques et leur sauver la mise quand les caisses sont vides. Visiblement, ça n’empêche pas certains membres de l’équipe de la rédaction de se moquer de la main qui les nourrit. Mais il est vrai que dans l’inconscient d’un journaliste de gôche, l’histoire du monde se résume à celle d’un conflit permanent entre les travailleurs (Julien Dray, Dominique Strauss-Kahn, Bertrand Delanoë) et les patrons (Jacques Gatineau, Dequecker, et la boulangère en bas de la rue). Mais la richesse, chers gauchistes dont la conscience politique n’a jamais dépassé le stade lycéen de la pensée, savez-vous au moins qu’elle ne pousse par sur les arbres ? Comment est-il possible de lire un tel mépris pour un entrepreneur qui a eu le courage de se prendre en mains, et à sa suite des centaines d’individus, quand il est si commode de tout attendre des aides sociales, d’être un assisté, un parasite ?  Pas franchement étonnant, quand on est à la politique ce qu’Arlette Laguiller est au syndicalisme.

Jacques Gatineau avait le malheur de produire des patates en sachets. Ce n’est sans doute pas assez noble pour L’Union, qui dans ses rêves les plus fous doit se croire d’une qualité au moins égale à L’Humanité de Jaurès ou à L’Aurore de Clemenceau. Ce message personnel à l’auteur du commentaire sus-affiché : par ses inventions, peut-être plus modestes que la fission de l’atome ou l’imprimerie, Jacques Gatineau a permis à des centaines de familles de vivre dans la dignité. C’était un bénévole engagé, et un complexe sportif porte son nom dans sa ville d’adoption. Il n’a jamais dépensé d’énergie à lutter contre des ennemis imaginaires en décrochant son téléphone pour chouiner auprès du procureur de la République : c’était, au contraire, un ancien combattant décoré. Qu’avez-vous à opposer à cela de votre côté ? Pouvez-vous en dire autant ?

ProcureurL’Union se moque des anciens combattants, mais combat des ennemis imaginaires sur internet.

Aussi chers messieurs qui voyaient le vice partout et qui avez récemment fait de l’intimidation un outil de campagne, ne voyez dans l’ensemble de ces propos ni une injure ni une diffamation, mais un simple constat s’appuyant sur des faits vérifiables par tous et de notoriété publique. Voyez ici également ce que tout le monde pense de votre journal, sans jamais oser vous le dire…

Tristesse et condoléances à tous ceux qui ont connu M. Gatineau, avec une pensée particulière pour ses proches. Avec également le plus grand respect, adressé de manière unanime par l’ensemble des adhérents et sympathisants des Amis du Château François Ier, lesquels ont bien saisi la portée de sa vie et de ses réalisations qui, on l’espère, lui survivront encore longtemps.

Vincent ROUSSEAU,
Président des Amis du Château François Ier.

Entretien avec Roger Presson, ancien élu de Villers-Cotterêts

L’assiduité de M. Presson dans nos commentaires, et plus généralement sur la blogosphère cotterézienne, ne vous aura pas échappée. Ce n’est pas non plus notre cas, et nous avons souhaité poser quelques questions à l’ancien élu de la majorité socialiste de G. Bouaziz. L’occasion pour lui de revenir sur son mandat, mais aussi d’exprimer son ressenti sur les divers projets de réhabilitation du château François Ier.
M. Presson a tout de suite accepté de se prêter au jeu, dans la bonne humeur sans pour autant éviter les questions sérieuses. Nous le remercions très amicalement pour cette participation de qualité au débat qui nous intéresse, qui nous permet aussi de rappeler que nous donnons la parole à toute personnalité souhaitant la prendre, de droite comme de gauche. Notre point de vue a toujours été : pas de vrai débat sans vrai contradicteur, pas de projet viable sans confrontation honnête et dépolitisée.

Nous savons que vous avez écrit quelques ouvrages historiques sur la ville, qui n’ont probablement pas la notoriété qu’ils mériteraient, pouvez vous les énumérer et les présenter à nos lecteurs ?

J’ai écrit un recueil sur la chute du B-17 G à Pisseleux. Ce recueil vient de paraître en avril 2013 sous le titre Les Héros du 6 février 1944.
Je suis aussi l’auteur d’un livre sur les rues de Villers faisant suite à celui de Léon VERGNE édité en 1975. Ce volume est paru en octobre 2013.
J’ai également deux projets « dans les tiroirs », Le 50e anniversaire de la libération de Villers-Cotterêts, 2 tomes de 200 pages, et pour plus tard Anniversaire du 18 juillet 1918 et 11 novembre 1918, deux tomes chacun de 200 pages.
Depuis début 2013 j’ai écrit un recueil sur le Comité d’animation 2000/2001
et le passage du XXIe siècle. Ce comité aurait pu être le support, avec les
associations adhérentes, d’envisager la résurrection de ta FÊTE DE LA FORÊT.
Mais la municipalité de 2001 a voulu la mise à mort de ce projet.
Enfin, je travaille actuellement sur un autre recueil Un autre recueil sur un bombardier américain B4 ou  B17 G qui en perdition a atteri en catastrophe dans un champ à CORCY. Mais les témoignages divergent, l’écriture n’est pas terminée.

Quels ont été les grands axes politiques défendus par la majorité de M. Bouaziz dont vous étiez l’adjoint, et notamment en matière de patrimoine ?

Un dernier dossier que Georges Bouaziz a défendu avec sa majorité fut la construction de la médiathèque. Pour ce qui est des travaux neufs, le plus gros chantier fut l’assainissement, début 1994, et la nouvelle station d’épuration (1999 – 2003). Citons aussi le complexe sportif Marie-Louise Labouret, le centre de la petite enfance, la salle polyvalente Gérard Philippe, la rénovation du marché couvert, le dispositif des salles dans le centre administratif, et j’en oublie sûrement.

Que vous inspire l’état actuel du Château François Ier ?

Il faut revenir en arrière. François Ier fit renaître le château d’une façon déplorable, avec des malfaçons dans sa totalité. A la révolution, pour punir la municipalité royaliste, l’empereur Napoléon a fait transformer ce lieu en dépôt de mendicité. Puis l’Etat, propriétaire du lieu, a passé cette bâtisse au département de la Seine, qui y installa une maison de retraite. Pour répondre aux besoins, des travaux ont modifié l’intérieur du château sans en terminer l’ensemble des travaux.
Entre temps, il y eut les Allemands, puis les Américains…
Nous nous trouvons donc devant un monument dit inscrit aux Monuments Historiques sans affectation dont une infime partie appartient à la ville de Villers-Cotterêts.
Les politiques se sont emparés du dossier sans pouvoir faire bouger les choses au niveau ministériel. Des associations travaillent pour lui trouver une nouvelle jeunesse. La ville devrait prendre part aux débats, afin d’y installer un centre culturel et associatif. Bref, un travail en profondeur.

M. Briffaut pense que le château pourrait être au centre d’un dispositif visant à relancer l’économie locale ; qu’en pensez vous ?

Effectivement, c’est une des solutions mais elle ne vaut que si il y a une activité commerciale dans l’enceinte même du château. Donc des investissements du privé dans l’affaire, donc qui et pourquoi.
Cette question rejoint la question des financements par le Qatar. Le Qatar, quoi qu’on en pense, possède les finances pour le faire. Le PSG n’est pas une association islamique, encore faudrait-il demander aux personnes à l’origine de cette rumeur si elle est réellement fondée.

Que vous inspire l’évacuation de la maison de retraite d’une partie du château François Ier ?

Il faut poser la question au maire de Paris ! On peut penser, devant les contraintes de sécurité, que le milieu est obsolète pour cette activité, qui n’est pas du tout conviviale malgré l’humanisation des lieux entreprise depuis plus de vingt ans.
La réponse est sur le terrain rue de la Pléiade : modernité, espace, rationalisation.

Pensez vous que le projet de lycée dans le château, qui a historiquement existé, aurait pu aboutir ?

Ce projet fut proposé par la municipalité de Charles Baur; c’est-à-dire la ville de Villers-Cotterêts. Le domaine appartient à l’Etat, et c’est la région Picardie qui était chargée de réaliser les travaux. Cela fait trois administrations très différentes, autrement dit beaucoup de monde.
La réhabilitation du lieu incombait à l’Etat.
Les installations intérieures incombaient à la région.
La mise en place du projet incombait au rectorat.
Tout cela, tandis que la ville surveille le projet et paie les suppléments éventuels…
Ce site avait pour prétexte le lieu prestigieux, et la proximité du parc. Ce projet n’avait qu’un seul problème : son coût, estimé à la louche par le 1er adjoint aux travaux de l’époque. De plus, on se demande comment on aurait bien pu faire cohabiter lycéens et population du 4e âge.
La municipalité de Bouaziz a donc rejeté ce projet. Elle a cherché un nouveau site, où un lycée moderne fut construit, à la satisfaction de tous sauf peut-être les partisans du 1er projet — quoique !

Des rumeurs ont fait état de démarches qui auraient été entreprises auprès de l’émirat du Qatar, lequel sauverait notre château pour y implanter un centre culturel islamique. Qu’en pensez-vous ?

Une vente à un mécène français peut se présenter. On a l’exemple du Château des Fossés, à Haramont. Le propriétaire a aménagé le château comme il l’entendait, tout en conservant le caractère historique du lieu, mais en y introduisant une grande partie commerciale. De plus, toutes les dépenses réalisées sur le lieu donnent lieu à une déduction fiscale (niche fiscale…). Dans un projet de ce type, l’engagement de la ville et de son budget serait extrêmement minime. Permettez-moi de penser que cela est très possible dans un avenir proche.

Autre projet un tout petit plus officiel celui-là, la perspective d’un centre de la francophonie à Villers-Cotterêts vous paraît-elle séduisante ?

A mon sens, Villers-Cotterêts, la ville de l’Ordonnance du même nom, est la seule ville qui pourrait revendiquer ce choix ! Mais ce centre occuperait-il tout l’espace du château ? Ou bien peut-on lui adjoindre un centre généalogique, par exemple ? Ces centres existent déjà en région parisienne, mais il paraît que les fonctionnaires parisiens n’auraient pas spécialement envie de venir s’installer en Picardie, que ce soit pour y vivre ou seulement pour y travailler. Dans ces conditions, il faut revoir la copie. Conclusion : c’est une « francofolies »…

Récemment, Mme Benguigui, ministre de la francophonie, avait promis solennellement de s’occuper personnellement du château François Ier. Effet d’annonce ou véritable dynamique selon vous ?

Mme Benguigui sort de Paris à la demande des élus locaux ! Ce qui ne l’empêche pas de repartir, en nous expliquant que la crise est là. Les budgets de l’Etat sont à la compression. Nous avons déjà assisté à semblable mise en scène avec Frédéric Mitterrand, qui jurait alors « ne vous en faîtes pas, je m’occupe de tout ! ».
L’avenir nous dira si Mme Filippetti viendra à son tour à Villers. Le problème avec le château, c’est que sans projet cohérent et bien ficelé rien ne sera possible.
Il n’est pas ici question de droite ou de gauche : tout est question de budget et de politique culturelle engagée

Roger Presson, le mot de la fin ?

Personnellement je vous souhaite bon courage. C’est à vous les jeunes de pousser les anciens à agir. A Villers, nous avons un « Conseil des sages » où les membres sont trop sages à mon goût. Ces derniers pourraient malgré tout vous donner des conseils et des orientations. Il faut surtout persévérer, continuer, innover, aller de l’avant. C’était mon comportement d’élu au conseil municipal.

Tristesse et condoléances

Nous avons appris aujourd’hui avec tristesse que François Angot nous avait quittés le 2 décembre dernier.

Cotterézien fidèle et proche du terroir, celui-ci a longtemps présidé l’association des Trois Dumas et était l’expert incontournable de l’écrivain du même nom. Il en était si passionné qu’il habitait la demeure qui avait vu naître l’auteur. Il avait également rédigé Les Lettres dumasiennes dans lesquelles il dépeint l’histoire de Villers, la grande comme la « petite ». Il joua un rôle important dans l’entrée au Panthéon d’Alexandre Dumas.

Nous n’avons jamais eu l’honneur ni le plaisir de le rencontrer personnellement, mais nous savons que Villers-Cotterêts vient de perdre un authentique amoureux du patrimoine ; un homme érudit et cultivé.

Les Amis du Château adressent toutes leurs condoléances à la famille de cette grande personnalité locale qui vient de s’éteindre, mais dont il est permis de penser que les nombreuses réalisations feront perdurer la mémoire pour longtemps.

Stéphane MASCITTI, Vice-président des Amis du Château François Ier
Vincent ROUSSEAU, Président des Amis du Château François Ier.

Pas de délit d’opinion chez les Amis du Château François Ier

Les gens qui nous reprochent de faire de la politique, comme le soulignait dernièrement mon camarade Stéphane, ont mal compris la démarche qui nous anime, qui n’a jamais été politicienne. Ils prouvent par là mal nous connaître. En effet, il suffit de nous lire pour constater que nous sommes aux antipodes du slogan et de la séduction électorale : notre démarche repose sur le débat d’idées et la réflexion publique, ce qui est totalement différent. Notre but n’est pas de dire pour qui voter ou quoi penser — nous n’avons jamais tenu de tels propos –, mais de présenter un appareillage critique, structuré autour d’un combat pour notre patrimoine vu comme un outil, un dénominateur commun et non une fin en soi. Du moins voilà notre vision des choses, que l’on est en droit de nous contester.

De là, on pourrait même dire que contrairement aux apparences, notre démarche est beaucoup plus culturelle que politique. A titre personnel, je pense que pour qu’un citoyen vote « bien », et au-delà pour qu’il reprenne la part active qui lui revient de droit dans les affaires de la cité, il suffit d’élever son niveau de conscience, et pour cela de lui offrir des analyses alternatives. Libre à tout un chacun, ensuite, de peser le pour et le contre et de comparer : où se situe le combat pour le vrai ? où se situe le combat pour le bien ? qui est dans une attitude de vérité et de courage ? qui est dans une attitude purement électoraliste ? qui a des choses à cacher et pourquoi ? Au vu des messages que je reçois et des rencontres de ces derniers temps, je peux assurer nos lecteurs que les grandes lignes s’éclaircissent pour le citoyen du quotidien, et que le débat gagne en qualité et en pertinence.

Quand on propose aux gens les bonnes analyses, les bonnes lectures, ces derniers finissent par comprendre ce qui est le mieux et ce qui est le moins bien. Voilà comment nous avons choisi de fonctionner, plutôt que par slogans, sophismes, séduction, stratégies, alliances… La majeure partie de notre travail est d’une part un travail critique, et d’autre part un travail d’alternative. J’ai remarqué, notamment dans les derniers commentaires laissés sur ce site, ainsi qu’au cours de discussions privées, que certains étaient de plus en plus agacés de constater à quel point il devenait difficile de s’exprimer librement sur ce media qu’est internet, media dont la vocation première était pourtant de redonner la parole à qui souhaitait la prendre. Soucieux de sortir des sentiers battus et des commodités intellectuelles, et comme le sujet fait l’actualité des derniers commentaires, je vous propose ce petit texte signé Régine Pernoud, historienne relativement peu connue du grand public, qui s’exprime sur l’évolution de la liberté d’expression du Moyen-Âge à nos jours. Comme je l’avais fait dans mon article consacré à Simon Weil s’exprimant sur les partis politiques, je me contenterai de le livrer à la réflexion de chacun sans le commenter.

« Une émission de télévision avait été consacrée à la Croix Rouge et à ses commissions d’enquête dans les camps d’internement. Son représentant était interrogé par divers interlocuteurs, entre autres une journaliste qui lui pose la question : « Ne peut-on pas obliger les pays à accepter la commission d’enquête de la Croix Rouge ? »

Et comme le représentant de cette institution faisait remarquer que les commissions d’enquête ne disposaient d’aucun moyen pour que leurs observations soient enregistrées, observées ou sanctionnées […], la même journaliste reprit : « Ne peut-on pas alors mettre au ban des nations civilisées celles qui refusent vos commissions d’enquête ? »

En écoutant ce dialogue avec référence à l’Histoire, on pouvait se dire que dans son indignation, certes compréhensible, cette journaliste venait d’inventer successivement l’Inquisition, l’excommunication et l’interdit — à ceci près qu’elle les appliquait à un domaine où l’accord se fait unanimement, celui de la protection des internés politiques.

[…] Quelle époque peut mieux que la nôtre comprendre l’Inquisition médiévale, à condition que nous transposions le délit d’opinion du domaine religieux au domaine politique ? Il est même très surprenant pour l’historien de constater cette montée, envahissante en tous pays, de la sévérité envers le délit d’opinion politique. Toutes les exclusives, tous les châtiments, toutes les hécatombes semblent en notre temps justifiés pour punir ou prévenir déviations ou erreurs quant à la ligne politique adoptée par les pouvoirs en exercice. Et dans la plupart des cas il ne suffit pas de bannir celui qui succombe à l’hérésie politique, il importe de convaincre, d’où les lavages de cerveau et les internements interminables qui usent en l’homme la capacité de résistance intérieure.

Lorsqu’on pense à l’effroyable bilan, à la dépense insensée en vies humaines — pire encore que celle des deux « grandes guerres »… — par lesquels se sont soldées les révolutions successives et le châtiment des délits d’opinion en notre XXe siècle, on peut se demander si en ce domaine du délit d’opinion la notion de progrès ne se trouve pas mise en échec. Pour l’historien de l’an 3000, où sera le fanatisme ? Où, l’oppression de l’homme par l’homme ? Au XIIIe siècle ou au XXe siècle ? »

Vincent ROUSSEAU,
Président des Amis du Château François Ier.

De la politique du débat au débat dans la politique : plaidoyer

Les lecteurs qui suivent les publications de ce blog auront remarqué que cela fait déjà quelques mois que le serviteur du château que je suis ne participait plus à la vie associative. J’avais laissé pour des raisons personnelles et professionnelles la complète gestion des Amis du Château et de sa politique éditoriale au Président Vincent Rousseau. Je tiens à vous demander pardon de ce manque d’assiduité, bien que je me vois d’ores et déjà dans le regret de vous informer que ma participation n’en sera pas plus importante pour autant à partir de cette publication, pour les mêmes raisons que celles sus évoquées. Ainsi, Vincent Rousseau continuera de gérer et de déterminer tout seul, comme il l’a fait jusqu’à maintenant, la boutique et la ligne éditoriale.

Cependant, un événement m’a fait sortir du manque d’assiduité à laquelle ma situation actuelle me contraint. Les lecteurs de ce blog ont pu suivre, il y a peu, les articles que se sont échangés Vincent et M. Laviolette, conseiller municipal cotterézien, sur une question d’orientation politique de ce dernier. Cela a conduit certaines personnes à s’interroger sur le véritable but de l’association, et j’imagine très bien quel serait ce véritable but imaginé par elles : « font-ils de la politique sous couvert d’associatif ? » Telle est la question qu’elles ont dû se poser.

La réponse est simple : non. Si le but avait été de faire de la politique, nous aurions déjà été présents sur des listes électorales cotteréziennes. Nous avons en effet été approchés à deux reprises, dont l’une avouée et explicite, pour figurer sur une liste électorale aux prochaines municipales, et nous avons refusé.

Toutefois, ces interrogations méritent un éclaircissement public quant à la politique que suit cette association. Cela avait déjà été expliqué plusieurs fois, mais je le répéterai aujourd’hui. Pour ce faire, j’ai attendu que les esprits se refroidissent, dans le cas où ceux-ci auraient été échauffés, pour apporter toutes ces précisions. Ainsi, les esprits confus trouveront des réponses, et ceux de mauvaise foi – s’il y en a — se retrouveront face à la réalité.

 Un projet pour le château ?

Tout a commencé par la fondation de l’association. Nous étions trois, sans projet, mais avec l’envie de faire bouger les choses pour le château que nous avions toujours connu et qui dépérissait lentement. Au vu des faibles moyens, tant techniques que financiers, dont nous disposions; notre politique fût d’essayer de le ramener au centre de la vie politique locale en provoquant le débat autour de lui, ou à tout le moins de sortir le sujet de l’oubli et de l’indifférence. C’est la première étape pour aider le château : en parler.

Nous avons bien vite été approchés, et nous avons noué des contacts avec d’autres passionnés d’Histoire eux-aussi préoccupés par le château, notamment les Amis du Pavillon Henri II, pour ne citer qu’eux. Nous avons eu le plaisir de partager avec ces derniers nos visions sur le patrimoine, et de trouver en la personne de leur président un interlocuteur dont l’intérêt dépasse très largement le cadre de la vie associative de Villers-Cotterêts. En effet, ce même président nous a expliqué les tenants et aboutissants du dossier, et nous a présenté une idée de projet très structurée. Cette idée nous avait semblé – et nous semble encore – crédible, cohérente, et surtout elle pouvait représenter une solution à long terme de rénovation et aurait même, une fois totalement aboutie, relancé le dynamisme de l’économie locale. Un projet pouvait exister !

Nous décidâmes que si celui-ci devait voir le jour, alors nous le soutiendrions. Et nous l’aurions soutenu s’il avait vraiment vu le jour.

Tout cela pour dire qu’il faut bien se rendre compte que pour mettre en œuvre un projet – quel qu’il soit — relativement au château, il faut le soutien de la municipalité. Certes celle-ci n’en n’est pas propriétaire ni affectataire, seulement d’une infime partie de celui-ci. Bercy en est le propriétaire, mais il ne faut pas attendre que le ministère commence de sa propre initiative la rénovation du château, et encore moins en ces temps de crise économique et de coupes budgétaires : ce serait donc à la ville d’en faire la demande, de prendre l’initiative.

Il a pu être dit que si nous voulions être utiles, il fallait que nous réunissions des fonds au lieu de palabrer et de « faire de la politique », mais c’est ignorer qu’il serait inutile d’en réunir sans projet ni surtout sans affectataire déterminé. Ceci dans l’hypothèse extraordinaire où des mécènes privés auraient effectivement accordé leurs fonds à une association qui n’a pas deux ans d’existence ! Il faut faire preuve de bon sens.

L’appui de la municipalité est donc bien nécessaire. Or c’était précisément ce sur quoi travaillaient plus spécifiquement une partie du monde politico-associatif cotterézien, à savoir les Amis du Pavillon Henri II. Ceux-ci se démenaient pour sensibiliser et réunir autour de cette préoccupation des personnalités de divers bords politiques, avec pour objectif principal bien évidemment l’élaboration d’un projet, et ce d’après ce qui nous avait été présenté. Un rapprochement fût opéré par eux auprès de M. Michel Laviolette, qui ne se disait alors pas indifférent au sort du château François Ier, et qui ne l’est sans doute pas moins aujourd’hui, étant donné son attachement à la ville.

Pour notre part, nous soutenions l’idée et l’action de sensibilisation et de réunion autour du château, et il nous semblait naturel de soutenir l’idée d’une union fédératrice si celle-ci avait été à même de porter un projet en ce sens. En l’occurrence, M. Laviolette, proche des Amis du Pavillon Henri II, avait à la fois la renommée et la crédibilité pour défendre ce projet; ce qui rendait celui-ci crédible y compris dans sa réalisation.

Puis vint un imprévu de nature politique. Mme Isabelle Vasseur, personnalité de droite, a décidé de poser sa candidature pour la plus haute magistrature municipale à Villers-Cotterêts, et ceci dans l’objectif affiché par elle d’aider la droite à l’emporter. C’est la vie politique et c’est son droit. Je n’ai personnellement pas le plaisir de la connaître, mais sa venue a pu nous faire craindre une chose qui est finalement arrivée: la division et donc la disparition de l’ébauche d’union qui aurait pu porté un projet.

Nous ne sommes pas dans le secret des Dieux, mais nous nous doutons, à la lecture des blogs politiques et au vu des réactions des uns et des autres, qu’il s’est passé un certain nombre de tractations et d’événements de couloirs après son arrivée.

Finalement, quelques mois plus tard, Vincent apprit au détour d’une conversation, totalement par hasard, que M. Laviolette avait quitté l’UMP et était passé à l’UDI. C’est évidemment son droit le plus strict. Peut-être que cette action était due à une volonté de protester contre Mme Vasseur qui s’imposait – à ses yeux – à Villers et menaçait l’existence d’une liste d’union autour du château ; ou peut-être était-ce par idéologie politique; ou peut-être y a t-il une autre raison… Nous n’en savons rien, et je pense qu’il ne nous appartient pas d’en juger. En revanche, M. Laviolette pouvait sembler ainsi abandonner l’union de certaines forces et surtout le projet porté par cette union, et que nous étions prêts à soutenir s’il avait vu le jour. Peut-être que cette apparence n’était qu’une apparence, et qu’en fait il aurait toujours à cœur de porter les intérêts du château. Je ne sais pas.

Mais tout cela à ce moment était, à nos yeux, confus. Frustrant également, surtout pour Vincent. Cest cette même frustration qui l’a conduit, dans son style bien à lui, à publier son article sur M. Laviolette.

La politique du débat

Robert Charlebois a dit que « l’un de nos problèmes est l’uniformisation. Il n’y a plus de débat d’idées. Les gens suivent les sondages. Les jeunes ne sont pas assez fous ! »

Or c’est précisément cela que l’on a reproché à Vincent Rousseau : être trop impétueux. Certes, ce dernier est un amateur des bons mots et des belles tournures de phrases, et il a également les défauts de ses qualités et de sa jeunesse.

Il est entier et impétueux. Cela – il est vrai – fait de lui un être au sang chaud, et le conduit bien vite à l’irrévérence. Oui, il manque souvent de diplomatie, et je peux parfaitement comprendre qu’on ait pu se sentir vraiment bousculé par ses mots, et qu’on ait pu penser qu’il était irrespectueux. Mais ce n’est pas le cas lorsqu’on le connaît, et il est beaucoup plus ouvert d’esprit que ce qu’on pourrait probablement penser.

Toutefois, cette impertinence parfois (souvent) provocatrice a au moins eu le mérite de provoquer le débat, de faire parler du château, comme je le disais au début de cet article. Ainsi, la politique du débat de l’association est de faire en sorte que, précisément, le débat revienne au centre de la vie publique. Et cela a réussi. Il y a encore deux ans, personne ne parlait plus du château, maintenant tout le monde en parle. Voyez plutôt…

Nous avons par exemple eu le plaisir de constater que M. Richard et Mme Vasseur ont justement utilisé le château comme image d’ illustration de leur blog, signe probablement que celui-ci occupera une place importante dans leur programme. Nous l’espérons, et il est prévu d’obtenir un entretien avec M. Richard pour connaître l’opinion de la liste qu’il représente en la matière.

Autre exemple, l’actuelle municipalité, de conserve avec la Société Historique, avait invité Mme le ministre de la francophonie Yamina Benguigui pour parler du château et en faire un éventuel centre de la francophonie. Je ne sais pas si cela peut fonctionner, mais cela doit tout de même être salué dans la mesure où nous sommes les premiers à reconnaître que tout est préférable à l’oubli et à l’absence de projet.

M. Bellière également, qui avait fondé une association qui fut mise en sommeil, en a parlé à diverses reprises sur son blog. Là encore, nous chercherons à obtenir un entretien pour lequel nous avons déjà fait les premières démarches, et qui sera publié comme nous l’avons fait pour M. Briffaut.

Plus récemment, la Société historique a pris l’heureuse initiative –qu’il faut saluer– d’inviter deux experts du jeu de paume afin d’expliquer les lieux et les pratiques de ce sport, ancêtre de notre tennis. Or tout le monde sait l’importance des cours de jeu de paume pour la particularité de notre château. MM. Thomas Moulin, délégué du Comité français de Courte Paume et Yves Carlier, conservateur en chef aux archives du palais de Versailles ont ainsi donné une conférence le 16 novembre à la salle G. Bourdon.

Bref, aujourd’hui, on parle du château.

La politique de la conscience

Comme je l’ai dit, certains ont pu penser que nous ne faisons rien et préconisent que nous nous mettions « sérieusement au travail », que nous cessions « les palabres » et que nous passions aux actes. On nous a qualifiés de donneurs de leçons pas différents de ce que nous reprocherions aux politiques. On attend de nous des solutions, des projets chiffrés, que nous trouvions des subventions et des mécènes, et que nous consacrions toute notre énergie au château  !

Comme je l’ai démontré plus haut, c’est bien peu connaître le cas. C’est surtout, en ce qui concerne ces personnes, attendre beaucoup de choses de nous, sans rien faire de leur côté…

Mais le résultat de notre politique du débat est là : on parle du château. Il est rentré de nouveau dans le débat publique, et c’est le plus important. Cela a été fait de plusieurs manières. Vincent l’a fait par la voie de l’humour –parfois grinçant– et/ou de la provocation. Pour ma part, je l’ai fait – et le fait encore aujourd’hui devant vous – par la voie pédagogique. Nous avons chacun nos méthodes, mais ne remettez pas en cause nos motivations ni notre sincérité.

Si vous avez des choses à dire à Vincent Rousseau, relativement à ses articles qui n’engagent que lui, dites-les lui, discutez avec lui, débattez, critiquez sa manière de faire – c’est votre droit, qu’il est le premier à vous concéder en ayant fait le choix de ne censurer aucun commentaire posté sur ce site – mais ne décrédibilisez pas une association qui essaie de faire quelque chose pour le patrimoine quand tant d’autres personnes ont jeté l’éponge avant même d’envisager sérieusement la question.

Car moi au moins, j’ai tenté de faire quelque chose. Vincent aussi à sa manière. Peut-être que nous échouerons, peut-être que nous réussirons, qui sait ? Mais au moins, je me dis que j’aurais essayé. C’est une question de conscience. Pour finir, j’inciterais nos détracteurs à se poser la seule question qui vaille :

Et vous, qu’avez vous fait ?

Stéphane MASCITTI,
Vice-président des Amis du Château François Ier.

Guerre et paix

Ce propos de Michel Laviolette, publié sur son blog sous le nom de « guéguère inutile ».

« Attaqué politiquement par « les amis du château François 1er », je refuse de rentrer dans cette polémique et ne publierai aucun « droit de réponse » sur leur site.

par contre, il est vrai que mener une politique de ville ou d’aménagement du territoire par la Communauté de Communes laisse à penser que le château demeure, pour le Cotterézien que je suis, un patrimoine qu’il faudra sauver à tout prix.

c’est par le calme et la pondération que se forme l’unité de la sauvegarde. »

Réponse de Vincent ROUSSEAU à Michel LAVIOLETTE

Monsieur,

Je remarque chez vous une certaine emphase, voire une hyperbole loin du « calme » et de la « pondération » que vous appelez de vos vœux. Après nous avoir qualifiés de « traîtres », qui était un terme parfaitement déplacé dans la mesure où nous n’avons jamais été que des spectateurs attentifs de la scène cotterézienne, vous récidivez en parlant de « guéguère ». Outre la familiarité du terme et son côté petit-enfant, sachez monsieur que si nous étions en « guerre », ce n’est pas une petite pique que nous vous aurions envoyé mais une volée de flèches autrement plus acérées !

La politique reste, ne vous en déplaise, le magistère de la parole. Refuser le débat, c’est un peu refuser la politique, ce qui ne fait pas honneur à votre réputation, ni, je crois, à votre fonction d’élu.
Il était inutile de sur-réagir comme vous l’avez fait. Nous vous étions plutôt favorables dans la mesure où nous partagions un projet commun avec d’autres associatifs de Villers, relativement au château François Ier. Il semble que vous ayez depuis choisi d’emprunter d’autres voies, laissant pour l’occasion certains de vos soutiens sur le bord de la route… C’est votre droit. C’est aussi le notre que de vous le faire remarquer.

J’ajouterais quelque chose de plus personnel. Vous affirmez ne pas « me » connaître, ou « nous » connaître. C’est, en ce qui me concerne, inexact et vous le savez. On vous voyait souvent à la maison, étant plus jeune, et vous étiez bien content de connaître mes parents, qui étaient vos amis politiques affichés, quand vous aviez une campagne à mener et des tracts à distribuer.

Cordialement,
Vincent ROUSSEAU,
Président des Amis du Château François Ier.

Michel Laviolette dans : Le Cave se rebiffe

Tempête dans les eaux trop calmes de notre UMP locale, coup de théâtre qui tient de l’improbable réunion d’un Tartuffe avec les Fourberies de Scapin. On a déjà notre petite idée quant à associer Les Précieuses ridicules à une personnalité féminine nouvellement cotterézienne, mais revenons-en à notre premier rôle masculin. Ce dernier aurait quitté l’UMP, comme en atteste le site de l’UDI ! L’UDI ? Vous ne connaissez pas ? Mais si, faites un effort : ce parti piloté de Paris et qui n’a aucune base militante dans la rue. Ce parti monté de toute pièce pour négocier des postes en province au cas par cas (ou au porte à porte, façon marchand de tapis) avec l’UMP. Ce parti qui est à l’UMP ce que le Front de gauche et EELV sont au PS. Autrement dit, le parti de Borloo. Est-ce la sincérité de l’engagement autour des valeurs nouvelles prônées par M. Borloo ou Mme Rama Yade qui prévalut dans cette décision, chez cet homme aux convictions très marquées, de passer sans transition, et de manière aussi brutale, du centre-droit au centre-centre-droit ? Ou est-ce la seule manière qu’a trouvé notre conseiller municipal pour exprimer sa déception de s’être vu imposer Mme Vasseur dans son fief qu’il n’a jamais conquis ?

[Photos supprimées à la demande de leur auteur].                                  

Michel Laviolette semble certes très apprécié des cotteréziens, de droite comme de gauche. C’est indiscutable. Mais la vraie question que j’aime à rappeler, moi qui suis d’un naturel taquin, est la suivante : qu’a-t-il fait, en quarante ans de vie publique, de ce formidable enthousiasme populaire qu’il déclenche encore ? Qu’a-t-il fait des nombreux plébiscites implicites qui laissaient sous-entendre que beaucoup d’entre nous auraient aimé qu’il se décide ENFIN à prendre le taureau par les cornes pour mener une liste de rassemblement, audacieuse et pertinente, vers la victoire ? Quel message souhaite-t-il transmettre à tous ceux qui ont attendu toute leur vie qu’il devienne maire de Villers-Cotterêts, et qui en ont marre d’attendre le nouveau Charles Baur qui n’en finit pas de son noviciat ? Pour l’audace et la pertinence, visiblement, il faudra encore attendre quarante ans de plus.
Le conseiller général tient depuis peu (pré-campagne semble obliger) un blog. Blog où il écrit sur trois pages ce que Bellière dit en trois lignes. A l’image de l’élu, qui semble mettre dix ans à comprendre ce qu’un chauffeur de taxi vous résume en cinq minutes.
Quoi qu’il en soit, je fus le premier surpris lorsque j’appris par hasard cette nouvelle, au détour d’une conversation. Voici un scoop dont les journaux locaux auraient pourtant du consacrer la une qu’exigeait une information de ce calibre : Michel Laviolette a pris une décision !
Parfait. Nous n’attendons plus désormais qu’une initiative de sa part. Vous savez, cette initiative dont « ils » parlent tous depuis plus de vingt ans, et dont « il » est le premier à jouer à chaque renouvellement de mandat gagnable. Tenons-nous le pour dit : Michel Laviolette, c’est un peu le Yannick Noah de la politique axonaise. Un homme qui promettait énormément mais qui n’a jamais rien gagné.

Vincent ROUSSEAU,
Président agacé des Amis du Château François Ier.

Entretien avec Franck Briffaut, conseiller municipal de Villers-Cotterêts

Les « Amis du Château François Ier » ont rencontré M. Franck Briffaut dans le cadre de nos préoccupations associatives et municipales. L’occasion pour l’élu de l’opposition de revenir sur son bilan personnel à la ville et à la région, mais aussi pour le candidat aux élections municipales de 2014 de se projeter plus personnellement en tant que futur maire potentiel de Villers-Cotterêts.
Nous tenons une nouvelle fois à souligner l’amabilité, l’hospitalité et l’ouverture d’esprit totale avec lesquelles M. Briffaut nous a reçu. Qu’il en soit publiquement et chaleureusement remercié.

BRIFFAUT-FranckFranck Briffaut, conseiller municipal de Villers-Cotterêts, conseiller régional de Picardie

M. Briffaut, pour ceux qui ne vous connaîtraient pas encore, comment vous présenteriez-vous à nos lecteurs ?

Je suis âgé de 55 ans, remarié depuis le mois de janvier de cette année et père de deux enfants. J’exerce la profession de conducteur de travaux du Ministère de La Défense et à ce titre j’ai la responsabilité du patrimoine bâti sur un certain nombre de sites militaires, dont le Fort Neuf de Vincennes et surtout le Château de Vincennes.

Sur le plan politique, je suis adhérent du Front National depuis 1977. Je suis membre du comité central de ce mouvement, conseiller politique de Marine Le Pen dans les domaines de l’aménagement du territoire et des transports, responsable de la fédération FN de l’Aisne et secrétaire de la section de Villers-Cotterêts. Je suis également conseiller municipal de Villers-Cotterêts depuis 1995 et conseiller régional depuis 1998.

La première question à laquelle j’aimerais répondre est la suivante : pourquoi je me suis engagé en politique ?
Je ne me suis pas intéressé à la politique par le biais de l’anecdotique ou par réaction à un fait précis, mais en fonction d’options philosophiques précises et par rapport aux grandes questions sur le sens de la vie et du respect des règles fondamentales qui régissent notre univers. Je crois en effet que l’on ne peut pas faire de la politique sérieusement si on ne se demande pas quelle est la place de l’homme.
Pour ma part, je ne crois pas que l’être humain constitue une fin en soi et en conséquence, la seule satisfaction de notre bonheur ne peut en aucun cas être l’unique but d’un engagement politique. Admettre que certaines règles s’appliquent à tous les êtres vivants, humains compris, et que cela nous plaise ou non, détermine une grande partie du champ politique.
L’action politique consiste essentiellement à réaliser ce qui est souhaitable en tenant compte du possible tout en sachant qu’il existe un ordre naturel des choses.
Cette conception évite de sombrer dans l’angélisme et l’utopisme qui dans le meilleur des cas ne mènent à rien et dans le pire conduisent au chaos.

Comme tout le monde, je suis incontestablement imprégné par l’éducation que j’ai reçue. Je suis issu d’un milieu familial plutôt très à gauche puisque du coté paternel, une partie de ma famille était dans les mines du Nord et s’affichaient socialiste. Mon grand-père qui était cheminot, votait quant à lui communiste tout comme ma grand-mère.
Seul mon père a rompu avec cette « tradition » puisqu’il a quant-à lui effectué une carrière militaire. Il a d’ailleurs été officier de tirailleurs algériens, et on peut dire que très jeune, j’ai vécu les affres de la Guerre d’Algérie et de ses conséquences les plus directes.
Je fus notamment très marqué par ce qu’ont subi les harkis que j’ai toujours côtoyé. Mon père les a toujours soutenu et défendu car il était convaincu, à juste titre, qu’ils avaient été trahis et abandonnés par la France et notamment par ceux qui aujourd’hui donnent des leçons d’anti racisme.

Il faut bien comprendre que pour moi, le Front national n’est qu’un outil de combat politique au service de mon pays, rien de moins, rien de plus. J’ai été d’abord et pendant très longtemps un simple militant et je le suis toujours. Je me suis présenté à des élections dès que j’ai pu le faire, sans me soucier de savoir quel serait le résultat, et j’ai parfois mangé des patates à l’eau pour payer mes premières campagnes électorales. Je me suis présenté à Villers-Cotterêts en 1988 alors que personne ne me connaissait, puis je me suis enraciné dans cette ville.

La politique, c’est pour moi avant tout un engagement personnel et non une carrière. J’exerce une activité professionnelle à plein temps et je ne suis donc pas un professionnel de la politique car je tiens à ma liberté. Je ne veux surtout pas vivre de la politique.

Depuis que vous êtes élu à Villers-Cotterêts, quels sont les grands axes politiques que vous avez défendu pour la ville ?

Lorsque je suis arrivée à Villers-Cotterêts, en 1988, je me suis tout de suite présenté aux élections cantonales avec la ferme intention de m’y implanter. C’est ainsi que je me suis particulièrement intéressé à ce qu’avait fait Charles Baur qui dirigeait la ville depuis plusieurs décennies. Même si certains aspects de sa gestion sont critiquables, et je ne me suis pas privé de le faire, je n’ai jamais perdu de vue qu’il fallait replacer son action dans le contexte qui était celui de l’époque où il était élu.
C’était un maire qui gérait la ville comme une entreprise dans le contexte des « trentes glorieuses » et avec lui l’aspect politique passait presque toujours au second plan, ce qui ne sera pas souvent le cas avec ses successeurs.

Pour ce qui me concerne, je me suis toujours efforcé d’inscrire mon action locale et régionale dans une démarche constructive car je ne crois pas que la posture d’opposant systématique, bête et stupide, soit une démarche intelligente.
Voilà pourquoi il m’arrive d’être d’accord avec certains de mes adversaires politiques qui partagent parfois eux-mêmes mes prises de position.
Mon opposition n’en est d’ailleurs que plus ferme et plus crédible Dans tous les cas, je ne me détermine pas en fonction de mon adversaire. Ce n’est pas parce que l’un d’entre eux va dire qu’il fait jour à midi que je vais prétendre qu’il fait nuit ! Il m’arrive même d’être d’accord avec M. Pruski, alors qu’il m’arrive aussi de ne pas être d’accord avec mes propres amis. C’est cela l’honnêteté intellectuelle.

Les principales orientations que j’ai toujours défendues et que je continuerais de défendre pour la ville sont les suivantes :
– la maîtrise de la fiscalité locale, car je crois que la ville vit depuis bien longtemps au-dessus de ces moyens ;
– la maîtrise du développement de notre cité qui s’est étalée de manière excessive, sans véritable stratégie d’ensemble, ce qui est largement à l’origine du niveau trop important des dépenses de fonctionnement et de l’arrivée de populations générant bien souvent plus de charges que de recettes ;
– le renforcement de la démocratie locale, car il faut savoir qu’à Villers-Cotterêts tous les groupes d’opposition ne sont pas représentés dans les commissions, et en particulier le groupe FN, dont plus personne ne conteste le poids électoral y compris au niveau local. Rappelons aussi que nous sommes en faveur de l’instauration de référendums locaux. – L’application systématique, et à chaque fois que cela est possible, du principe de priorité nationale tant au niveau local qu’au niveau national : en clair, les Français doivent être prioritaires chez eux.
– l’instauration d’un véritable équilibre entre la ville de Villers-Cotterêts et les autres communes du canton. Je confirme à ce sujet que je convaincu que le Président de la Communauté de communes de Villers-Cotterêts Forêt de Retz ne soit pas être le maire de Villers-Cotterêts.

Vous avez exprimé votre scepticisme quant au nouveau système de transport urbain…

C’est d’autant plus exact que je connais très bien les problèmes de transport. Je crois que la mise en œuvre d’un réseau de transport public dans une ville de la taille de Villers-Cotterêts constitue un risque énorme en termes de fréquentation et de coûts d’exploitation. J’ai déjà fait part de mes inquiétudes à M. Pruski, bien que je n’ai pas rejeté l’idée à priori, ce qui explique que je ne me suis pas opposé à une expérimentation.
En séance du Conseil municipal, je lui ai demandé les chiffres de fréquentation, mais conformément à son habitude, M. Pruski est resté très évasif sur le sujet et n’a finalement toujours pas répondu. Mais il est vrai que débattre avec le maire n’est jamais très simple car celui-ci a bien du mal à respecter ces opposants et parfois même ses propres colistiers.

Pouvez-vous nous faire part de votre action d’élu en faveur du château François Ier et du patrimoine cotterézien ?

Pour moi, le château François Ier doit être un axe central pour la promotion de la ville. Nous sommes une petite ville, et peu de villes de 10 000 habitants ont la chance d’avoir un tel patrimoine historique à leur disposition.
Les intérêts du château François Ier sont multiples, car ce monument est un concentré d’histoire, de culture et d’architecture. Il présente la particularité de reconstituer en miniature les grands principes d’agencements que l’on retrouve dans beaucoup de résidences royales majeures, et c’est là tout son intérêt.

J’avais beaucoup discuté avec Charles Baur de son projet de lycée. Ce projet n’était pas parfait, mais, à mon sens, j’estime qu’il fallait y réfléchir plus en détail. Ce n’aurait pas été une première car le château a déjà hébergé des structures d’enseignement par le passé.
Le problème, c’est que l’environnement normatif d’aujourd’hui n’est plus le même. En effet, la construction d’un lycée met en jeu des normes qu’il aurait été extrêmement difficile de respecter dans le cadre du château François Ier.
M. Baur n’était pas dupe de ces questions, et son projet avait au moins comme intérêt objectif de remettre la question de la rénovation du lieu au premier plan. On aurait dû pouvoir mener les débats sereinement, mais il se trouve que M. Bouaziz a empêché toute sérénité de s’installer. Le projet a été écarté d’office, alors qu’une étude sérieuse aurait au moins pu être menée ce qui aurait permis de disposer d’un diagnostic complet des bâtiments. Je pense que M. Bouaziz a tué ce projet dans l’œuf avant même de s’assurer de son irrecevabilité.

Pour quelle raison, d’après vous ?

Je pense que l’on était déjà dans des postures politiciennes : M. Bouaziz rêvait de supplanter Charles Baur, et il y est d’ailleurs parvenu. D’ailleurs, si je pense que Charles Baur n’a pas été un mauvais maire, je crois qu’il a commis une erreur fondamentale que l’on paye encore aujourd’hui à Villers-Cotterêts. Il est en effet à l’origine d’un trop grand étalement de la ville, ce qui a généré énormément d’investissements et surtout des frais de fonctionnement bien trop importants (voiries, réseaux divers…) ainsi que des phénomènes d’enclavement. Cette orientation a largement été perpétuée par ses successeurs. Je le répète à chaque occasion : il faut remplir les dents creuses et arrêter d’étaler la ville.

Pour revenir au château, je dirais que non seulement nous avons besoin d’un projet pour le château François Ier; mais aussi que nous avons besoin d’un projet pour Villers-Cotterêts. Dans cette optique, Villers-Cotterêts devrait pouvoir s’appuyer sur le château.

Le château pourrait donc d’après vous être au centre d’un dispositif visant à relancer l’économie locale ?

Nous avons besoin d’un projet qui puisse fonctionner en réseau et qui s’appuierait avant tout sur son histoire. Voilà pourquoi les idées de projets autour de la francophonie sont des pistes qui me paraissent intéressantes à explorer, en relation avec d’autres pays francophones.

Lesquels par exemple ?

On pense au Canada, et même à d’autres. Le vrai problème est qu’à chaque nouveau projet, on fait table rase de tous ce qui a précédé. J’avais demandé à M. Pruski de réaliser une sorte de monographie récapitulative des différentes idées et projets déjà évoqués, ainsi que des actions concrètes déjà engagées. Cela permettrait d’y voir plus clair et de nous épargner de tout recommencer à zéro à chaque fois. Je pense qu’en filigrane de cette monographie se détacherait un fil conducteur à côté duquel nous sommes peut-être passés. Un état des lieux précis doit également être réalisé de toute urgence. On pourrait même s’appuyer sur l’ouvrage très technique de Mme Riboulleau, qui a déjà accompli un travail considérable en la matière.

Que vous inspire l’évacuation de la maison de retraite d’une partie du château François Ier ?

Je crois que c’est une erreur d’avoir vidé le château avant de disposer d’un véritable projet de réoccupation des lieux. Nous allons nous retrouver avec des locaux vides et qui vont se dégrader beaucoup plus vite que l’on ne l’imagine.
J’accuse M. Pruski de se soucier d’avantage d’affichage électoral, que de rechercher les solutions les plus efficaces pour la conservation du château.
M. le maire s’est expliqué en disant qu’il fallait « brusquer les choses ». Je lui rétorque que je ne crois pas à la génération spontanée et que d’autres autrement plus sérieux que lui se sont cassés le nez sur des projets à priori plus séduisants.
M. Bellière avait engagé une démarche plus sérieuse mais qui demandait du temps et la situation financière de la commune ne laissait alors pas beaucoup de marges de manœuvre. Aujourd’hui, notre situation est meilleure sur le plan strictement comptable, mais cela tient essentiellement au fait que l’actuelle municipalité dispose de fonds qui ne sont pas utilisés, alors même qu’il n’y a aucun véritable grand projet en vue.
Cette gestion de bas-de-laine revient à prélever de l’impôt pour rien.

Le château François Ier pourrait être le cadre autour duquel pourrait s’articuler un projet pérenne. Mais dans l’attente d’un tel projet, il faudrait au moins le mettre en situation de pouvoir accueillir des manifestations occasionnelles organisées autour de thèmes en rapport avec l’histoire du site. Ce premier objectif permettrait d’une part de faire connaître le château, et d’autre part de générer des recettes permettant d’amorcer un processus d’autofinancement permettant de se constituer des marges de manœuvre au service d’un véritable projet. C’est ce que fait le Service Historique de la Défense au Château de Vincennes dont la partie militaire du patrimoine bâti est sous ma responsabilité.

Cependant, il faut faire attention de ne pas tomber dans le piège consistant à s’enfermer uniquement dans de l’évènementiel qui ne peut en aucun cas se substituer durablement à un projet précis inscrit dans la durée et seul capable de porter l’image de la ville. De plus, seul un projet sérieux et pérenne permettra de constituer des partenariats fiables (Etat, collectivités territoriales, partenaires privés …) et de générer un véritable programme de restauration.

Mais pour qu’un véritable projet aboutisse, il faudrait que les pouvoirs publics, et notamment la région et le département, incluent la réalité du château François Ier dans leurs politiques culturelles et patrimoniales. Actuellement, dans le meilleur des cas on n’en parle pas, et dans le pire des cas, j’entends dire « Cachez-le ! Parce que dans l’état où il est, ça donne une image déplorable de la région »…
Si on veut sauver le château, il faut commencer par donner aux gens l’envie d’y entrer, et celle d’y rester.

Pourtant, beaucoup de gens disent que Villers-Cotterêts n’a pas les moyens de faire mieux que de l’événementiel…

Le château de Chantilly vit pour une large part d’événementiel, Vic-sur-Aisne encore d’avantage, et c’est pourquoi je dis bien qu’il s’agira probablement d’une étape nécessaire. Mais il ne faudra surtout pas en rester là.

Si on veut sauver le château, il faut impérativement commencer par établir une stratégie. De mon point de vue, il y a trois possibilités : Soit nous cherchons un projet et tant que nous ne trouvons pas, nous ne faisons rien. Soit nous faisons de l’évènementiel et rien que de l’évènementiel. Soit nous réfléchissons sérieusement à un véritable projet et en attendant nous nous orientons vers de l’évènementiel permettant de faire connaître le site, d’établir des partenariats et de générer des recettes permettant au moins de faire les travaux les plus urgents.

Pour ma part, je crois que c’est sur la troisième solution que nous devrions travailler et je dirais même que depuis qu’il a été décidé de transférer la maison de retraite, la première solution constituerait l’arrêt de mort du château.

Si l’on revient une seconde sur le projet de lycée, et que l’on compare ce qu’aurait pu être ce projet et ce qu’est devenue la réalité ?

Là encore, mettre un lycée au beau milieu de la Plaine de Noue était une erreur. A mon sens, il eût été plus pertinent de le construire à proximité du collège Max Dussuchal afin de mutualiser les fonctions d’enseignement sur un seul pôle, ce qui aurait permis de réduire certains coûts communs de fonctionnement, comme par exemple le transport scolaire. Il s’agit la de la simple application de règles d’aménagement du territoire qui ont été purement et simplement oubliées par l’équipe de M. Bouaziz au moment du choix de l’emplacement.

Que vous inspire l’état actuel du Château François Ier ?

Beaucoup d’inquiétude… et la perspective qu’il va se retrouver vidé de ses derniers occupants n’est pas là pour me rassurer.
Je suis également étonné de savoir qu’aucune estimation sérieuse des travaux nécessaires et urgents pour la préservation du bâti existant ainsi que des investissements à effectuer pour la mise en conformité dans le cadre d’un éventuel classement en établissement recevant du public n’a été entrepris. Et je ne parle même pas des diagnostics plomb et amiante…

300 000 euros devrait permettre de réaliser une étude de faisabilité permettant d’évacuer un certain nombre de fausses pistes. Cette étape nous permettrait au moins d’être crédibles dans le cadre de la recherche de partenariats. Je pense que la commune de Villers-Cotterêts peut agir à ce niveau en participant à cette étude qui est à la portée de notre ville. Je suis le seul à m’être opposé au projet de nouvelle EHPAD pour les raisons que je viens de vous exposer mais aussi pour le choix de son emplacement. Je suis un des seuls élus de l’opposition à afficher clairement ma position sur ce sujet, avec peut-être aussi M. Bellière. Mais le problème de M. Bellière, c’est qu’il condamne surtout ce projet sur internet et beaucoup moins en conseil municipal. J’aimerais qu’il soit aussi incisif en conseil municipal que sur son blog !

Des rumeurs font état de démarches qui auraient été entreprises auprès de l’émirat du Qatar, lequel sauverait notre château pour y implanter un centre culturel islamique. Qu’en pensez-vous ?

Je me méfie des bruits de couloir en général. J’en ai entendu parler, mais rien n’est vérifiable. Pour des raisons de crédibilité, je trouve encore une fois qu’il convient d’être très prudent à ce sujet. Toutefois, il est évident que le Qatar, s’il intervenait, ne le ferait pas pour nous sauver, mais pour accomplir sa mission qui est de diversifier ses investissements. Ils vont certainement, dans les mois et les années à venir, jouer les mécènes sur certains projets où la crise économique nous empêche d’agir seuls. Cette attitude s’inscrit dans une stratégie globale de conquête économique qu’il faut garder à l’esprit. Quoi qu’il en soit, l’absence d’informations se recoupant m’oblige à la réserve, mais permettez-moi de vous dire que si ces informations étaient avérées, alors il serait dangereux de nous fourvoyer sur cette voie. La politique, c’est aussi la morale : je suis favorable à ce que chacun puisse exercer librement son culte, mais certaines prérogatives relatives à notre patrimoine et à notre culture ne sont pas négociables.

Autre projet un tout petit plus officiel celui-là, la perspective d’un centre de la francophonie à Villers-Cotterêts vous paraît-elle séduisante ?

Cette idée s’inspire largement d’un vieux projet déjà évoqué à l’époque de M. Bouaziz. Pourquoi pas, je n’ai pas d’opposition de principe, mais je pense que le problème est pris par le mauvais coté du manche.
Pour trouver un projet qui soit véritablement compatible avec le château et même avec la ville, il faut commencer par définir toutes les fonctionnalités du projet.
Celles-ci doivent alors apparaître dans un schéma fonctionnel sous forme de bulles à l’image de ce qui se fait en architecture.
Ce schéma fonctionnel doit ensuite être superposé à un état des lieux complet du site. C’est seulement à ce stade que nous pourrons voir si le projet est compatible avec le château et même avec l’ensemble du périmètre concerné qui peu être plus large que la seule emprise du monument. En procédant de cette manière, nous gagnerions en crédibilité et nous serions alors en mesure d’interpeler les pouvoirs publics et tous les partenaires potentiels. Si aucun projet n’a encore réussi à s’imposer, ce n’est pas uniquement du fait des arrières pensées politiciennes de quelques uns, mais aussi par absence de stratégie et par manque de méthode.

Beaucoup de cotteréziens déplorent une certaine insécurité aux abords du château et du parc. Quelle réponse apporteriez-vous ?

Le fait de déserter les lieux ne pourra fatalement qu’aggraver le problème. Puisque nous ne serons plus en mesure d’assurer un gardiennage correct sur le site, nous allons forcément attirer la délinquance. Cette délinquance peut aller du tapage au vol de matériaux, en passant par les agressions de promeneurs et les trafics. Voilà pourquoi il est primordial de continuer à occuper le château : la ville ne doit pas le regarder comme un boulet, mais comme un centre névralgique potentiel, y compris sur des questions comme la délinquance qui pourraient sembler à mille lieux de nos considérations premières en la matière. Dans l’immédiat, il va falloir mettre en sécurité l’intérieur du château. Ça pose problème, car nous ne sommes pas sur un terrain communal et nous ne pouvons donc pas installer de caméras directement sur le site.

Dans ce cas, faut-il fermer le parc ?

Si on ferme le parc de Villers-Cotterêts, de nouveaux problèmes se poseront et il faudra notamment sécuriser un grand nombre d’accès.
Et puis, nos concitoyens, les pouvoirs publics et nos autres partenaires risquent de se dire qu’à Villers-Cotterêts, on commence par déserter le château, puis on ferme le parc, et ils pourraient alors penser, à juste titre d’ailleurs, qu’on s’acheminerait vers une dynamique de repli et d’abandon. Je crois que cela constituerait un message extrêmement négatif et n’inciterait personne à venir s’investir dans la préservation de ce magnifique ensemble constitué par le château et le parc.

Une convention serait préférable ?

On peut tout faire avec des conventions pour peu qu’elles soient bien rédigées ! Toute la crédibilité du projet reposerait aussi sur la nature et la rédaction de ces conventions, qui auraient au moins le mérite d’aller suffisamment dans le détail pour soulever les vrais problèmes. Je pense notamment à l’aspect domanial ou il ne faudrait pas manquer de mettre France Domaine face à ses responsabilités et d’en faire un véritable partenaire dans l’élaboration d’un projet global.

Vous êtes aussi conseiller régional de Picardie : le château François Ier figure-t-il parmi les priorités de la région en termes de patrimoine ?

Je vais être très clair sur ce point : non !
La région n’a pratiquement plus de fiscalité propre depuis 2010 et ses ressources sont dorénavant essentiellement constituées de dotations d’Etat, ce qui est une véritable escroquerie puisque ces dotations sont gelées. L’institution régionale ne maîtrisant plus ses recettes, comment voulez-vous que dans de telles circonstances elle puisse agir efficacement pour des projets de cette nature ? Une réforme est annoncée, mais comme dans tous les autres domaines, on ne voit rien venir.
Il me faut également préciser qu’il n’y a pas beaucoup de contact entre l’actuelle majorité municipale et l’exécutif régional qui sont pourtant de la même tendance politique.

Récemment, Mme Benguigui, ministre de la francophonie, avait promis solennellement de s’occuper personnellement du château François Ier. Effet d’annonce ou véritable dynamique ?

Non, vous ne verrez rien venir de ce côté. Du reste, Mme Benguigui n’en aurait même pas les moyens puisque le Gouvernement n’a décidé d’aucune politique culturelle. Comment dans ce contexte s’occuper « personnellement » de quoi que ce soit ? Aucune feuille de route, et pas que dans le domaine culturel. Les socialistes essayent de retarder l’inéluctable en multipliant les effets d’annonce, mais l’inéluctable finira bien par arriver…

Je note avec le sourire que nous sommes face à une totale continuité avec ce que faisait la droite quand elle était au pouvoir. Mêmes annonces, mêmes formatages, même vision stéréotypée de la politique et du monde qui nous entoure. Nos technocrates sont des super-fonctionnaires, capables de gérer les choses mais pas de diriger les hommes. J’en reviens à ce que je disais en début de cette interview : la politique au sens noble du terme, c’est justement de transcender les hommes pour les mener vers des projets globaux, entraîner ses concitoyens au-delà de leur simple intérêt personnel, faire en sorte que chacun se batte pour défendre des idées qui dépassent sa propre personne. Pour moi, la politique est avant tout un projet de civilisation. Il est clair qu’à l’UMP comme au PS, on n’en est plus là depuis bien longtemps…

Propos recueillis par Vincent ROUSSEAU et Stéphane MASCITTI.